Les associations de plantes

Le 22 Mars 2013, Marie-Hélène et Isabelle ont participé à un atelier d’écologie urbaine gratuit à la Maison du jardinage, à Bercy, un espace public harmonieux dédié au jardinage.  Le thème d’apprentissage du jour était : « Les associations de plantes au jardin ». Une dizaine de personnes étaient présentes à ce cours dispensé par un agent de la section pédagogie des Parcs et jardins de la mairie de Paris. Un article écrit à partir du compte-rendu de Marie-Hélène, augmenté par Isabelle.

jardin générique

C’est une pratique très ancienne… que l’on appelle aujourd’hui « Bio ». Les jardiniers ont très tôt repéré, entre autres, ce qui pousse bien sous les arbres. Elle agit contre les insectes, les maladies et aussi dans le but d’utiliser moins de produits. Qu’est-ce qui va fonctionner dans une association de plantes ?

L’odeur repousse les parasites

Basilic-Tomate : C’est l’odeur du basilic qui repousse les parasites de la tomate ; l’ail repousse pas mal de choses, de même que la menthe ; On met aussi les oignons près des carottes ;

Il existe des plantes qui se défendent en produisant une substance : exemple des acacias en Afrique.

Œillets d’Inde-Tomate : les nématodes (ver microscopique) fragilisent les racines de la tomate comme des œillets, mais les œillets sont capables de réagir.

Gagner de la place

Il y a aussi les associations qui permettent tout simplement de gagner de la place :

  • Maïs/haricot arabe, où le maïs sert de tuteur
  • Poireaux ou oignons avec carottes
  • Poireaux/radis, les poireaux poussent en hauteur, les radis en profondeur

La culture intercalaire

On peut aussi jouer sur les cycles de vie qui sont différents, au niveau du repiquage.

Exemple : les choux qui se développent en 3 mois pourront être intercalés avec des salades qui sont finies en un mois ; les salades sont alors des cultures « intercalaires ».

Alterner les légumes gourmands et moins gourmands

Autre critère : les légumes qui sont « gourmands » et ceux qui le sont moins. On mettra plus de compost pour ceux qui sont gourmands :

Légumes gourmands : choux,  courges, poireaux, potirons, aubergine, céleri, concombre, melon, tomate, épinard ; la pomme de terre aussi est gourmande, ne pas remettre 2 fois de suite au même endroit ;

Légumes moyennement gourmands : betterave, blettes, carottes, chicorée, panais, pois ;

Légumes peu gourmands : ail, échalote, endive, navet, radis, salade, choux de Bruxelles, cresson, fève, oignons.

Il peut être conseillé, par exemple, de diviser son terrain en 4, et d’opérer une rotation d’1/4 de tour tous les ans : peu, moyen, très gourmand, et le 4ème quart est laissé en jachère et/ou amendé. Pour des légumes gourmands : 3 kg de compost par m2. (hé oui : 30 kg pour 10 m2 !)

Exemple de culture en rotation : du choux, la première année, un légume moins gourmand la deuxième année et un légume encore moins gourmand la troisième année.

Les plantes qui facilitent les cultures

Il y a aussi les plantes qui décompactent la terre (ça c’est pour nous, aux Nouzeaux !) : les céréales, comme le seigle. Cela dit, la terre argileuse est très riche en minéraux ; par contre elle est lourde et difficile à travailler. On peut y apporter du compost à l’automne.

Il ne faut jamais laisser la terre à nu, c’est un grand principe ! Il faut la recouvrir : paillage, feuilles mortes ; si on fait pousser de la luzerne comme engrais vert, la couper en petits morceaux avant de l’enfouir ; ça ajoute de l’azote dans la terre.

Pour les tomates, ne pas oublier une poignée de feuilles d’orties au fond du trou de plantation, ce sera un bon engrais.

Les fleurs qui attirent les insectes

Autre type d’association : pour attirer les abeilles, planter des fleurs, on les appelle les plantes mellifères.

L’association aubergine/bourrache : la bourrache attire les insectes qui vont polliniser les fleurs d’aubergine

Le duo gagnant chou/cosmos : en effet, le chou est très attaqué par un papillon qui s’appelle la piéride du chou : sa chenille dévore le chou ; les  papillons vont se poser davantage sur les cosmos et « oublier » un peu le chou

Les rosiers au début d’un rang de vigne sont un bon indicateur du mildiou, qui arrive en premier sur les rosiers. Dans un potager, ils seront les témoins des maladies à venir.

Les soucis, capucines et les roses attirent les pucerons : attention ! Les mettre dans un coin !

Le mariage fraise/poireau est bonne car le poireau aime la fraise.

Oignon/carotte : bien mais il faut mettre 4 rangs d’oignons pour un rang de carottes !

Quand une association ne marche pas, on peut chercher une autre plante de la même famille (l’année d’après…)

Calendrier des cultures

Il existe un calendrier de cultures selon leur maturité.  En février, par exemple, on plantera des oignons qui seront mûrs vers mai, juin. On gère ainsi le calendrier de cultures. Si on veut mettre oignon/carotte, il faut mettre une carotte précoce

On peut associer la plantation de poireaux avec celle des pois-lisses que l’on plantera à la Sainte Agathe.

  • Fève/Avoine
  • Tomate/œillet (Mai-juin)
  • Capucine/carotte/ciboulette (fin Mars)

Dans l’association  « Maïs/haricot/courge », on sème d’abord le maïs, et on ajoute les haricots en juin ; on met les courges entre les deux

Petits-pois/radis/concombres : même type de raisonnement

Associations par familles culinaires

On peut aussi mettre les légumes par familles culinaires : feuilles, racines, fleurs-graines, et faire une rotation comme ci-dessus.

Dans ce cas, la gourmandise, on la gère au cas par cas, en mettant une poignée de compost dans le trou de plantation, ou bien on peut mettre du terreau dans le sillon.

Les aromatiques comme le thym, le romarin, la sauge, etc…  sur les bords de son jardin le protègera.

Le sillon, le semis

Au printemps, nous préparons la terre avec une grelinette ou une fourche-bêche (si on a !). Elle est ainsi soulevée par mottes de terre compacte. Ensuite, avec un croc, on craque les mottes pour affiner notre terre. Attendre quelques jours que cela sèche puis on pourra creuser notre sillon avec une serfouette, par exemple. Pour une terre argileuse, nous mettons du terreau au fond.

Se munir d’étiquettes où l’on écrira la date de la plantation et que l’on piquera devant sa rangée de semis. Le feutre « Posca » pour écrire est certes cher mais résistera à toutes les intempéries !

Imaginons faire pousser des fèves et de l’avoine. Pourquoi ? L’avoine, ou une autre céréale, serviront à devenir notre paillage plus tard, au jardin. Les fèves seront mûres en mai. N’oublions pas de garder un pied ou deux à faire grandir pour récupérer les graines que nous replanterons plus tard !

Nous arrosons « en pluie » nos semis avec le pommeau de l’arrosoir. Pour les graines très fines, il faudra un petit sillon. Pour les grosses un plus gros. Respecter aussi une bonne distance entre les semis, qu’ils aient de l’espace. Si l’on met trop de graines au même endroit, il faudra ensuite dédoubler les plantations et les faire pousser plus à l’aise ailleurs.

Des livres pour en savoir plus !

Véritable « Bible » du jardin Bio : « Le guide du jardin Bio », nouvelle édition augmentée, éditions Terre vivante

Autre mine d’informations :

  • « L ‘ABC du potager Bio », éditions Rustica
  • « Les bons mariages au potager », éditions Rustica
  • « Mariages réussis , associations écologiques au jardin d’ornement », édition Terre vivante
  • « Le poireau préfère les fraises », éditions Terre vivante

Informations 

Maison du Jardinage, Parc de Bercy, 41, rue Paul Belmondo, Paris 12e, Métro Bercy, Bus 24, 64, 87, Vélib’

Renseignements au 3975 et paris.fr

* Merci à Marie-Hélène qui a écrit un compte-rendu de cette formation ; cela a permis la rédaction de cet article.

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